Félozine, 10-OH-HHC, D10, CBC, VMAC, HEC 10 : comment s’y retrouver parmi les cannabinoïdes et les noms commerciaux ? Ce guide distingue les molécules documentées, les appellations à préciser et ce qu’une analyse permet réellement de vérifier.
Un dossier pour comprendre. Les noms étudiés ici ne décrivent pas notre catalogue. Ils sont présentés à titre informatif, avec leurs sources et les limites des connaissances disponibles.
Dossier enrichi le 30 septembre 2026. Lexique évolutif, sans prétention d’exhaustivité.
Félozine : quelle composition derrière ce nom ?
Une recherche sur « Félozine » ou « Felozine » ne suffit pas à identifier une formule. Le mot inscrit sur une étiquette ne précise ni les substances présentes ni leurs concentrations. Il ne faut donc pas attribuer automatiquement la même composition à tous les produits portant cette appellation.
Pour ce dossier, nous ne disposons pas d’une formule de référence vérifiée ni d’analyses de lots permettant de caractériser l’ensemble des produits nommés Félozine. Nous ne lui attribuons donc pas une liste fixe de cannabinoïdes, une origine déterminée ou des effets garantis. Une description commerciale et un résultat de laboratoire répondent à des questions différentes : la première présente un produit, le second renseigne sur l’échantillon qui a effectivement été testé.
10-OH-HHC : de quoi parle-t-on ?
Le 10-OH-HHC, parfois écrit « 10 OH HHC », correspond au nom 10-hydroxyhexahydrocannabinol. Il apparaît dans les données de l’Agence de l’Union européenne sur les drogues, avec une notification européenne datée du 17 décembre 2024. Cette identification ne vaut ni autorisation de commercialisation ni validation de sa sécurité. Source : EUDA, rapport européen 2025.
Il ne faut pas le confondre avec le CBD, le HHC, le 10-OH-HHCP ou le delta-10-THC. Des noms proches peuvent désigner des substances différentes. Les données générales sur une famille de cannabinoïdes ne permettent pas non plus de promettre un effet, une durée d’action ou une innocuité pour une molécule particulière.
L’EUDA souligne que les effets des cannabinoïdes semi-synthétiques chez l’humain restent insuffisamment étudiés. Elle décrit aussi une variabilité des concentrations et la présence possible de substances non déclarées dans certains produits. Ces constats concernent cette famille de produits ; ils ne constituent pas une analyse d’un produit précis étiqueté 10-OH-HHC. Source : EUDA, nouvelles substances psychoactives, rapport 2026.
D10 et delta-10-THC : est-ce la même chose ?
Le seul sigle « D10 » ne permet pas de le confirmer. Le delta-10-THC possède une identité chimique répertoriée, notamment dans le registre des substances de la FDA. Mais cette référence ne prouve pas qu’un produit marqué D10 contient cette substance, ni qu’il ne contient qu’elle. Source : FDA, entrée delta-10-THC.
Il faut donc séparer deux questions : « Quelle substance désigne le fabricant ? » et « Qu’a identifié le laboratoire dans ce lot ? ». Sans ces informations, assimiler D10 au delta-10-THC, au 10-OH-HHC ou à une formule de Félozine serait une supposition.
| Terme | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Félozine / Felozine | Le nom ne permet pas de déduire une composition universelle. |
| 10-OH-HHC / 10 OH HHC | Une dénomination chimique identifiée, qui ne garantit pas le contenu d’un produit. |
| D10 | Un sigle à préciser, sans l’assimiler automatiquement au delta-10-THC. |
CBC : que désigne le cannabichromène ?
CBC signifie cannabichromène. Il s’agit d’un cannabinoïde identifié, répertorié dans PubChem sous le numéro CID 30219 et signalé dans Cannabis sativa. À la différence d’un nom de gamme, cette dénomination renvoie à une structure chimique. Source : PubChem, cannabichromène.
CBC, CBD, CBG et CBN ne sont pas des synonymes. Un produit présenté comme « au CBC » peut néanmoins contenir plusieurs substances : connaître le nom d’une molécule ne suffit pas à connaître la composition du produit entier. Il faut aussi distinguer CBC et CBCA, l’acide cannabichroménique.
Une identité chimique documentée n’est pas une preuve d’efficacité médicale. Des observations en laboratoire ne permettent pas, à elles seules, d’affirmer qu’un produit commercial traite la douleur, l’anxiété ou une maladie. Ce guide ne classe donc pas le CBC sur une échelle de « puissance » par rapport à des mélanges non caractérisés.
VMAC et VMAC Hyperstrong : un nom de gamme à préciser
VMAC apparaît notamment dans la catégorie « VMAC hyperstrong » de Highbuy. Cette page commerciale permet de constater l’emploi du nom ; elle ne suffit pas à établir une composition chimique unique, valable pour tous les produits et toutes les périodes.
Dans ce dossier, VMAC est traité comme une appellation commerciale, et non comme le nom d’une molécule que l’on pourrait comparer directement au CBC ou au CBD. Sans document analytique rattaché à un lot, nous ne lui attribuons ni recette fixe, ni liste universelle de cannabinoïdes, ni durée d’effet.
Le qualificatif « Hyperstrong » ne constitue pas une mesure scientifique. Il ne précise ni la substance mesurée, ni sa concentration, ni la méthode employée. Une éventuelle reformulation doit être documentée produit par produit : une ancienne fiche ou une présentation générale ne décrit pas nécessairement le produit actuel.
HEC 10, HEC-10 et HE+ : pourquoi les distinguer ?
HEC 10, également écrit HEC-10, est rencontré dans des présentations commerciales. Les sources consultées pour ce guide ne permettent pas d’en donner une identité chimique univoque et une formulation valable pour tous les fabricants. Nous le présentons donc comme un nom à documenter, sans lui inventer une formule.
Le nombre « 10 » n’établit pas à lui seul une concentration de 10 %, un nombre de composants ou un lien avec le 10-OH-HHC. HE+ est une autre appellation : la ressemblance des lettres ne démontre pas qu’il s’agit du même mélange que HEC-10. Les arguments d’« effet d’entourage » ne remplacent pas une étude du mélange réellement concerné.
THV N-10, Delta BZ10, THCX, NL-1, NCD-CBN et NXT : lire les noms sans extrapoler
Des menus commerciaux placent parfois des molécules identifiées et des noms de gammes au même niveau. Leur voisinage dans un catalogue ne leur donne pas le même statut scientifique. Pour les appellations ci-dessous, les documents consultés ne suffisent pas à attribuer une structure ou une composition universelle. Cela décrit une limite de notre vérification, pas la preuve qu’aucune documentation ne puisse exister.
| Nom rencontré | Ce que le nom seul ne démontre pas |
|---|---|
| THV N-10 / THV-N10 | Ne pas l’assimiler au THCV, à un dérivé précis du THCV ou au THC sans identification chimique explicite. |
| Delta BZ10 | Ne pas le confondre avec le delta-10-THC ou le 10-OH-HHC. Le mot « Delta » et le nombre « 10 » ne suffisent pas à identifier une structure. |
| THCX / THC-X | La lettre X ne définit pas un isomère particulier du THC. Elle ne permet pas de déduire les ingrédients d’un mélange. |
| HE+ | Le signe « + » n’est ni une concentration ni un résultat d’analyse. HE+ et HEC-10 ne doivent pas être considérés comme équivalents sans documents. |
| NL-1 | Le sigle ne donne pas ici de nom chimique suffisamment précis. La composition reste à établir pour le produit et le lot concernés. |
| NCD-CBN | La présence des lettres CBN ne prouve pas qu’il s’agit uniquement de cannabinol, ni d’une forme particulière de cette molécule. |
| NXT | Ce nom ne permet pas, à lui seul, d’identifier une substance ou de garantir une formulation constante. |
Les noms CBC et 10 OH HHC correspondent à des dénominations chimiques documentées. VMAC et HEC 10 nécessitent une lecture différente. Pour chaque nom, la question utile reste : quelles substances ont réellement été identifiées dans l’échantillon ?
Lexique élargi des cannabinoïdes documentés
Ce lexique donne des repères de nomenclature. Il n’est ni exhaustif, ni une liste de produits disponibles ou autorisés. Une molécule présente dans la littérature peut être absente d’un produit qui la mentionne ; inversement, une analyse limitée peut manquer d’autres substances.
CBD, CBG, CBN, CBC et formes apparentées
Une étude analytique publiée en 2021 décrit notamment les seize composés suivants. Leurs noms permettent de distinguer les substances recherchées ; les formes acides et les formes correspondantes non acides ne sont pas interchangeables.
| Abréviation | Nom |
|---|---|
| CBD | Cannabidiol |
| CBDA | Acide cannabidiolique |
| CBG | Cannabigérol |
| CBGA | Acide cannabigérolique |
| CBN | Cannabinol |
| CBNA | Acide cannabinolique |
| CBC | Cannabichromène |
| CBCA | Acide cannabichroménique |
| CBL | Cannabicyclol |
| CBLA | Acide cannabicyclolique |
| CBDV | Cannabidivarine |
| CBDVA | Forme acide du CBDV (cannabidivarinic acid) |
| THCV | Tétrahydrocannabivarine |
| THCVA | Forme acide du THCV (tetrahydrocannabivarinic acid) |
| Delta-9-THC | Delta-9-tétrahydrocannabinol |
| THCA-A | Acide tétrahydrocannabinolique A |
THCP, CBDP, THCB et CBDB
THCP désigne le tétrahydrocannabiphorol ; CBDP, le cannabidiphorol. Leur identification est décrite dans une publication de 2019, qui mentionne aussi le THCB (tétrahydrocannabutol) et le CBDB (cannabidibutol).
Ces noms concernent des composés caractérisés. Les résultats obtenus sur un récepteur en laboratoire ou chez l’animal ne donnent pas un multiplicateur fiable de l’intensité ressentie chez une personne. La présence d’une molécule à l’état de trace dans une plante ne démontre pas non plus l’origine végétale d’un produit commercial concentré. Source : Citti et collaborateurs, Scientific Reports, 2019.
HHC, HHC-O, HHCP, H4-CBD et HHCH
L’EUDA documente plusieurs noms rencontrés sur le marché des cannabinoïdes transformés. Les suffixes comptent : ils ne désignent pas simplement des versions plus ou moins fortes d’un même produit.
- HHC : hexahydrocannabinol.
- HHC-O / HHC acetate : acétate de HHC.
- HHCP / HHC-P : hexahydrocannabiphorol.
- H4-CBD / H4CBD : tétrahydrocannabidiol, à distinguer du CBD.
- HHCH : hexahydrocannabihexol.
Source : EUDA, dossier sur les cannabinoïdes semi-synthétiques, 2024. L’origine et le procédé d’obtention d’un produit ne se déduisent pas seulement de son nom. Le rapport EUDA 2026 relève notamment une évolution vers des produits pouvant être entièrement synthétiques.
Delta-8-THC, delta-9-THC et delta-10-THC désignent des isomères distincts du tétrahydrocannabinol. Ils ne sont pas synonymes du 10-OH-HHC, ni une définition automatique des noms D10 ou Delta BZ10.
Ce que change le manque de données
Dans son rapport 2026, l’EUDA souligne les connaissances encore limitées sur les effets humains des cannabinoïdes semi-synthétiques, des intoxications parfois graves et une grande variabilité des substances présentes selon les produits et les lots. Certains composants peuvent ne pas être déclarés. Ces constats justifient de ne pas transformer un nom commercial en promesse d’effet ou de sécurité. Source : EUDA, Rapport européen sur les drogues 2026.
Lire une analyse, identifier une molécule et vérifier une règle juridique sont trois démarches différentes. Le lexique aide à comprendre les mots ; les sections suivantes expliquent ce qu’il reste à vérifier.
Comment lire une analyse sans lui faire dire plus qu’elle ne dit ?
Un certificat d’analyse doit pouvoir être relié à l’échantillon concerné. Pour comprendre sa portée, repérez le laboratoire, la date, le numéro de lot, les substances recherchées, les unités utilisées et les limites de détection ou de quantification. Un résultat exprimé en pourcentage n’est pas directement équivalent à une quantité exprimée en milligrammes par produit.
La mention « non détecté » concerne une substance recherchée avec une méthode et une limite données. Elle ne signifie pas que toutes les substances possibles ont été recherchées. De même, un dosage de CBD ou de THC ne constitue pas à lui seul une recherche de solvants, de métaux ou d’autres contaminants. Un certificat n’est ni une étude clinique ni une autorisation réglementaire.
Cette prudence est motivée par des observations sanitaires : dans leur communiqué du 19 juin 2025, l’ANSM et l’Anses signalent des intoxications liées à des produits présentés comme contenant du CBD, avec parfois des substances non déclarées ou des écarts entre l’étiquetage et la composition réelle. Lire le communiqué ANSM–Anses.
Félozine, 10-OH-HHC et D10 : comment vérifier une information sur la légalité ?
Une affirmation comme « légal en France » doit être rattachée à une substance précisément identifiée, à un type de produit, à un texte et à une date. La présence d’un article en ligne ou d’une offre commerciale ne suffit pas à établir ce statut. Une information ancienne doit être relue à la lumière des textes applicables au moment de la vérification.
La fiche CBD de la MILDECA rappelle que les règles diffèrent selon les substances et les usages, et renvoie aux décisions de l’ANSM sur plusieurs cannabinoïdes. Un taux de THC annoncé, pris isolément, ne répond donc pas à toutes les questions réglementaires concernant un mélange. Ce dossier ne certifie pas la légalité d’un produit à partir de son seul nom, qu’il mentionne Félozine, VMAC, HEC 10, THCX, D10 ou un autre terme.
Questions fréquentes
CBC, VMAC et HEC 10 désignent-ils trois molécules comparables ?
Non. CBC identifie le cannabichromène. Les noms VMAC et HEC 10 ne donnent pas, dans les documents consultés, une composition universelle permettant une comparaison directe.
Ce guide présente-t-il des produits proposés par Frenchy Merlin ?
Non. Il s’agit d’un dossier de compréhension des noms rencontrés en ligne, pas d’une annonce de disponibilité dans notre catalogue.
La Félozine est-elle simplement du CBD ?
Le nom seul ne permet pas de répondre. Il faut une composition explicite et des éléments analytiques correspondant au produit concerné.
Le 10-OH-HHC et le D10 sont-ils interchangeables ?
Non : 10-OH-HHC désigne une substance précise, tandis que le sigle D10 doit être explicité. La proximité des noms ne démontre ni une identité de composition ni des effets similaires.
Peut-on affirmer qu’un produit est sans risque parce qu’il est présenté comme naturel ?
Non. L’origine annoncée ne remplace pas l’identification des substances ni les données de sécurité. L’EUDA relève des risques et des incertitudes pour les nouveaux cannabinoïdes, y compris lorsque des produits sont présentés comme des alternatives licites.
Pour poursuivre la lecture : comprendre les informations d’une fiche produit et retrouver les dossiers du journal.